Partage vulnérable pour mon Anniversaire

Partage vulnérable pour mon Anniversaire

Portrait matinal d’une femme en vie.

* * *

Ce matin, c’est mon anniversaire, j’ai 39 ans.

Et je prends conscience que je peux faire de cette journée, une journée sacrée.

Ou plutôt consacrée…

À me rappeler de la chance que j’ai de vivre et d’être qui je suis.

J’ai de la chance c’est samedi (je suis née un samedi), je ne travaille pas aujourd’hui.

Enfin, je travaillerai peut-être quand-même sur des projets qui comptent vraiment et qui me mettent en joie.

Car me sentir à l’œuvre est essentiel pour moi.

Écrire, j’aime ça, ça me fait du bien (et je crois que certaines personnes aiment lire mes élucubrations).

Alors je le fais avec joie.

(Je devrais le faire encore plus.)

Et je vois, à 9h du matin, combien je reçois déjà de gentils messages pour mon anniversaire.

(Je vois aussi qu’il y a du monde qui se connecte le samedi matin sur fb)

Donc je prends mon clavier pour donner un peu de moi.

Il me faut donner, tellement je sens que je reçois.

Alors je dis MERCI déjà.

Car je recevrai peut-être plus profondément que jamais tous les mots que je recevrai pour la suite de cette journée.

J’en ai les larmes aux yeux de l’écrire.

Voici donc mon expression vitale instantannée, j’écris dans le flot ce qui doit se donner.

Le 7 février, je partageais ici mon engagement à plonger vraiment dans la vie, à m’incarner, mes prises de conscience de mes peurs de vivre (parce que surtout peur de mourir), de la vague d’angoisse du vide et de l’abandon que je venais de traverser...

J’ai accepté de m’abandonner, et d’arrêter d’avoir peur d’abandonner, de m’abandonner ou d’être abandonnée. (#maplusgrandeblessuredelâme)

Mais il y a un truc que je ne savais pas.

C’est que mon père venait juste de rendre l’âme.

Et les circonstances de sa mort étaient exactement liée à l’abandon.

Il a probablement traversé les angoisses que j’ai ressenti et probablement qu’à un moment, il a lâché prise et s’est abandonné à la vie et donc à la mort

(dont rappelons-nous elle fait partie).

Et quand j’ai écrit ce texte le 7 février,

c’était fait il avait traversé.

Les jours qui ont suivi, je me suis engagée dans mon travail, dans mes processus créatifs, dans mes projets de coeur, jouer, chanter, accompagner…

Jusqu’à cette journée du 20 février, où j’ai publié une vidéo en direct, suite à une séance magique de coaching scénique, où je me suis sentie tellement à ma place, alignée, dans la joie de faire ce travail de précision avec la vérité de l’artiste et l’amour qu’elle vient offrir sur scène…

Ça y est, toute la puissance de mes séances et ateliers pouvait se révéler !

Il fallait que je marque le coup et nourrisse un peu ma com...

C’est pendant que j’enregistrais cette vidéo que j’ai reçu l’appel qui devait m’annoncer que mon père a été retrouvé mort.

J’ai rappelé juste après : j'ai appris la nouvelle qui ouvrait le marathon logistique des choses à gérer a commencé.

Et qui ouvrait sur un vide en moi.

J’ai senti dans mon corps un pilier s’effondrer et à la fois une énergie pesante se libérer…

J’ai vécu deux semaines extrêmement intenses.

Toutes les couleurs de l’arc-en-ciel des émotions.

Des prises de décisions, des actions, des discussions, des retrouvailles familiales, de la sueur, des produits ménagers, des escaliers, des discours, des crêpes, des cendres, des larmes,

de l’amour, la mer…

La vie quoi.

Je suis revenue chez moi avec une écoute, un regard et une sensibilité accrues.

Je perçois beaucoup plus la valeur et l’amour qu’il y a dans chaque chose, objet, plante, être vivant…

Et il y a beaucoup !

Tellement que je ne peux pas tout appréhender.

Alors je comprends encore mieux que tout est question de choix sur quoi je pose mon attention, quelles infos je choisis de nourrir, quelle fréquence je veux entretenir pour la vie que je veux vivre et que je peux créer.

Je ne peux pas tout vivre, tout comprendre, mais je peux choisir ce que je veux vivre et surtout comment.

Plus que jamais, je sais que je suis remplie, entourée, que j’ai tout, que c’est ma nature d’être trop, et que j’ai beaucoup à donner.

Je reçois tellement, et tellement souvent sans y prêter attention.

D’ailleurs c’est peut-être le mot-clé de ma prochaine étape.

Après « abandonner », on épure et il reste « donner ».

Oui, je prends.

La suite c’est apprendre à donner.

Il est plus de 11h30,

entre ces lignes il s’est passé plus de 2h,

j’ai pris mon temps,

je me le suis donné,

recevra qui veut

et j’ai reçu encore une vingtaine de souhaits et un appel pour honorer la vie que je suis.

*Merci*

Emilie

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